Les néonicotinoïdes sont nocifs pour l'ensemble de l'écosystème

Un ensemble de scientifique européen regroupé sous le nom de « Task Force on Systemic Pesticide » a effectué une méta-analyse portant sur le rapide déclin des insectes et arthropodes en Europe. Leur conclusion a été que les insecticides néonicotinoïdes sont une des causes majeures de déclin de ces populations. Une fois ce constat effectué, ils se sont intéressés à toutes les études portant sur les néonicotinoïdes afin de faire un bilan de l’impact de cette famille de pesticides sur l’environnement.
Leur analyse donne les résultats suivants :

Les pictogrammes du graphique représentent, de gauche à droite : les micro-organismes, les insectes pollinisateurs, les invertébrés terrestres, les invertébrés aquatiques, les amphibiens, les reptiles, les poissons, les oiseaux et les mammifères.
Les abeilles, qui sont regroupées avec les autres insectes pollinisateurs, sont représentées par un papillon. L’étude conclut que ces insectes sont très exposés aux néonicotinoïdes par voie aérienne et par contact avec les plantes, et que les effets de ce contact sont importants même à faible dose ou après une exposition aigüe.

Ainsi le risque, qui se définit ici comme Risque = effet x exposition, est particulièrement élevé pour les insectes pollinisateurs et les invertébrés terrestres, représentés par une fourmis.

De manière générale, c’est tout l’écosystème qui est impacté. Les auteurs concluent que l’utilisation systématique de pesticides, et non pas leur utilisation en dernier recours,  est une dérive grave. C’est d’autant plus vrai que la dégradation des néonicotinoïdes est mal connue et que les métabolites engendrés sont parfois eux-mêmes extrêmement toxiques.
Les auteurs recommandent, au titre du principe de précaution, de suspendre l’utilisation des néonicotinoïdes et du Fipronil séance tenante. Les erreurs commises avec les organophosphorés et les organochlorés (DDT par exemple) ne doivent pas être répétées. La sensibilisation des acteurs agricoles, tant exploitants que conseillers, est une nécessité afin d’arrêter l’utilisation systématique de pesticides sur les cultures. Il est possible d’utiliser les traitements uniquement quand ils sont nécessaire, c’est le principe même de l’agriculture intégrée.

Le CARI a conscracré un dossier complet sur le sujet et le graphique provient de la revue Abeilles et Cie, 4-2014, N° 161.